Célia, étudiante en césure, en échange à Berkeley

Salut Célia !
Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Célia, j’ai 22 ans, et je suis partie durant mon année de césure. J’étais en parcours DSCG donc j’ai fait un an de cours à Toulouse auparavant. A TBS j’étais trésorière à la Welcome Team et j’ai listé BDA où j’étais aussi vice-trésorière et membre du pôle danse. Ce semestre je suis partie dans le campus de Berkeley aux Etats-Unis.

Pourquoi tu as choisi cette UP ?

Déjà pour la Californie (on ne va pas se mentir, cette destination fait rêver) ainsi que pour le prestige de l’université. Cela alliait les Etats Unis où je voulais vraiment aller et l’excellence académique que je recherchais. Pour choisir ton UP, il faut vraiment penser à la ville qui te fait rêver parce que tu y passes 6 mois de ta vie. Tu as besoin de t’y sentir bien pour t’épanouir. 

Quelles démarches as-tu fait pour partir ?

Tout d’abord un visa, puis l’achat d’un billet d’avion ; j’ai également pris l’assurance maladie de Berkeley mais aussi une de ma banque puisqu’avec le système de santé des USA, je préférais être assurée. J’ai même amené ma trousse à pharmacie là-bas. Et pour le logement, je suis passée par Facebook : les apparts se transmettent d’année en année pour les étudiants et se louent par chambre. Tu dois aussi avoir un certain montant sur ton compte bancaire ou celui de ton tuteur pour prouver que tu pourras répondre à tes besoins sur place. 

Est-ce que tu appréhendais ? Comment s’est déroulée ton arrivée ? 

Un mélange d’excitation, tu pars vivre 6 mois en Californie, et de stress parce que je partais seule. Mes colocs arrivaient une semaine après. Pas de couette, pas de chauffage, pas d’oreiller le premier soir, j’étais seule, j’ai passé la nuit à me demander ce que je faisais là. Mais le lendemain, j’ai directement pris contact avec une française et j’ai pu également rencontrer d’autres Erasmus. J’avais super peur et j’étais super excitée. Rapidement quand la ville s’est remplie d’étudiants, j’ai compris dans quoi je m’étais lancée et là c’était cool. A l’intégration, la mascotte (un ours), les pom-poms et la fanfare nous ont intégrés, ça nous a mis dans le bain et on a appris l’expression fétiche de Berkeley « Go Bears! »

Quelles différences culturelles t’ont frappée quand t’es arrivée ?

Ils sont « bruyants », expressifs, un peu dans le show off. Au départ, j’étais réticente à ce qu’on me parle dans la rue et puis, je me suis habituée et ça devient normal. En vivant en Californie, j’ai appris à être beaucoup plus ouverte.
Ce qui m’a étonnée aussi c’est la nourriture, tous les légumes étaient surgelés, les poivrons étaient verts style OGM, j’essayais de cuisiner mais c’était plus facile de manger des pizzas ou des burritos.
Pour finir, j’étais surprise par leurs tenues pour aller en cours : les américaines sont tout le temps en tenue workout, legging avec le pull à l’effigie de Berkeley. J’ai fini par adopter leur style, c’est très agréable. En soirée, elles sont en crop top, mini short et le maquillage aussi n’est pas négligé (rire). 
D’ailleurs, c’est marrant de voir comment nous, les Français, nous sommes vus aux US : très chics, calmes et très carrés.

Une journée typique pour toi, ça ressemblait à quoi ?

San Francisco (SF), c’est magnifique. J’y allais presque tous les jours. J’avais cours uniquement le matin donc l’aprem j’allais soit faire du sport (il y avait un complexe sportif gigantesque avec une piscine, un terrain de baseball… ) soit j’allais à SF. Je me suis mise au sport pour compenser les pizzas à l’huile (rire). A SF, on allait visiter, boire un apéro ou on allait se poser à la plage avec le Golden Gate à gauche et le coucher de soleil à droite. 
Le jeudi soir c’est soirées étudiantes donc il y avait tout le monde dans les bars à Berkeley ou soirées en appart. On avait notre bar attitré, c’était cool. 

Qu’est-ce que tu peux nous dire de la vie à Berkeley et San Francisco ?

Berkeley c’est une ville seulement étudiante : il y a le campus historique avec les universités et dans le reste de la ville, il y a les résidences étudiantes, les maisons des fraternités et les maisons colocs. J’ai décidé de me mettre en coloc avec 3 américaines, nous logions dans la rue des fraternités en plus. C’était vachement drôle ! Les fraternités organisent les soirées « officielles » identiques à celles qu’on voit dans les films, avec des thèmes style « total blanc », parfois il y a même besoin d’un bracelet pour rentrer. 
A San Francisco, il y a toujours quelque chose à visiter: t’as le côté buildings, financial district à la new yorkaise, et quand tu t’éloignes de ce centre, tu tombes sur des petites maisons de poupées avec plein de couleurs différentes. C’est super vallonné, du coup tu galères à marcher pendant un moment puis tu te retrouves à un point de vue magnifique où tu distingues le financial district, la mer, les petites maisons et même les montagnes.

Que peux-tu nous dire de l’université de Berkeley et notamment les cours ?

C’est en mode débat, les profs de Berkeley ne font pas du tout des cours magistraux. Tu dois avoir lu à l’avance des livres qui font office de cours, et en cours tu débats. J’ai pu choisir mes cours : je voulais changer par rapport à mes cours en France donc j’ai choisi la major business international avec du droit, de la finance, du leadership et des cours d’éco qui sont assez durs. On avait même un cours « comment développer son réseau » avec notamment une appli pour se rendre à des events, comment faire des entretiens à l’Américaine etc. 
De base j’ai du mal à me concentrer donc pour les cours en anglais c’était compliqué. Mais je me suis forcée à être focus sur les cours : c’était plus fatigant mais du coup j’avais une mini satisfaction personnelle d’avoir tout compris à la fin. Je me suis vraiment améliorée en quelques mois.

La vie étudiante a-t-elle été à la hauteur des attentes du rêve américain ?

C’était vraiment l’image qu’on peut avoir : soirées fraternités avec des beer pong, campus incroyable, étudiants qui révisent dans les parcs ou encore une immense bibliothèque avec plein de canapés. L’université avait mis en place des bus de nuit pour qu’on puisse se déplacer safe le soir, en plus il me déposait juste en bas de chez moi !  A l’arrivée du printemps étaient organisés des barbecues sur les rooftops d’appart avec vue sur le Golden Gate, c’était incroyable.
Je m’entendais super bien avec les portugais, les brésiliens ; les singapouriens mettaient le plus l’ambiance en soirée. Mon meilleur pote de là-bas était espagnol. Nous formions une bande French Portuguese, et même avec mes potes français nous parlions toujours anglais. Quand on m’a parlé en français à l’aéroport j’étais super déçue.

T’as pu voyager pendant ton semestre ? 

Tu pouvais faire partie d’associations en étant à Berkeley mais je voulais garder mon temps libre pour les voyages. Le week-end, on louait des voitures à l’américaine. Je suis allée en Floride où on a loué une mustang pour aller visiter des îles à côté c’était vraiment incroyable. Sinon, je suis allée à Sacramento, Los Angeles, Miami ou encore le parc national Yosemite.
En raison de la crise sanitaire, j’ai dû annuler certains voyages. Je devais faire un super road trip avec mes parents et aller à Hawaii avec mon copain mais du coup je le ferai plus tard. 

Qu’est-ce que tu as le plus aimé ? Le moins ? 

Parler en anglais tout le temps, les rencontres que tu fais, le fait d’être toute seule à l’autre bout du monde m’ont poussée à m’ouvrir, à faire une introspection et d’évoluer. Les cours m’ont aidée à savoir ce qui me plaît ou non et le fait d’être entourée d’étudiants de Berkeley a nourri mon ambition. Je me suis sentie challengée par les cours c’était super sympa. L’organisation des voyages m’a aussi donné le goût de l’aventure, j’ai envie de découvrir de nouveaux pays chaque année dorénavant.
Le moins c’est clairement la fin. C’était trop court. Avant le Spring Break on s’est dit “on se revoit dans deux semaines”, et au final on ne s’est pas revus. Du jour au lendemain nous sommes rentrés en France donc c’est une fin un peu amère. Mais le positif, c’est que j’ai trop envie d’y retourner. 

Finalement, qu’est-ce que tu as retenu de ce voyage ?

L’UP t’apprend à réfléchir, à te faire confiance et à définir tes projets futurs, tu mûris. Ça nous semble anodin mais on a un enseignement qui nous permet une expérience incroyable. C’était un enrichissement personnel certain. Il ne manquait plus que Hawaii et j’avais mon American Dream ! C’est une belle opportunité que TBS m’a offerte.

Et comment ça se passe maintenant ?

Nous avons encore des cours, des partiels, les profs nous envoient des articles sur la gestion des entreprises avec le coronavirus et même des cours pour gérer son anxiété en confinement ! Ils prennent toujours très soin de nous. On va aussi avoir une cérémonie des diplômes en ligne avec des Awards, comme on le fait avec le Gala et le yearbook à TBS. 

Un dernier mot ? 

« Go Bears ! »